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Atelier international virtuel sur la Crise de Covid-19 en Afrique  : La digitalisation intensive, les finances de proximité identifiées comme réponses sociales


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Ph/DR: De meilleures approches pour résister à la crise de la Covid-19 en Afrique

Evaluer les stratégies de riposte mises en œuvre en Afrique et dans l’espace UEMOA, tirer les leçons afin de définir ensemble les meilleures approches pour renforcer la résilience de l’Union face à la crise économique financière et sociale. Ce sont là, les objectifs de l’Atelier international virtuel sur la crise de la Covid-19 en Afrique, les 14 et 15 janvier dernier pour l’espace Uemoa. Privilégier la digitalisation intensive des moyens de paiement à travers la finance de proximité, c’est entre autres, l’une des réponses efficaces à la crise sanitaire.

L’Afrique a curieusement résisté à l’hécatombe causée par la pandémie de la Covid-19, mais ses économies n’ont pu échapper aux affres de cette crise qui a occasionné une baisse drastique de la croissance économique, entraînant des récessions dans certains pays, surtout, ceux producteurs du pétrole.

Impactés différemment par la Covid-19 en fonction des régions, les services financiers de proximité de l’Afrique sont mis à contribution dans le dispositif de gestion de la crise. Dans ce cadre, les orientations stratégiques et opérationnelles tendent à privilégier la digitalisation intensive des moyens de paiement, qui est identifiée comme une réponse efficace à la crise sanitaire. A titre d’exemple, plusieurs gouvernements africains ont proposé des paiements de soutien, via l’infrastructure numérique et le réseau des institutions de microfinance, au profit des populations à faible revenu. Bien que les systèmes financiers inclusifs soient compris comme partie intégrante de la solution, il y a lieu de réfléchir sur comment adapter plus efficacement leurs interventions.

A l’instar du Bénin, les Etats africains et les autorités monétaires ont pris conscience de la  situation. A cet effet, des mesures sociales et économiques ont été prises pour atténuer les effets de cette pandémie sur leurs économies, la population en général et les couches les plus défavorisées en particulier.

« Apprécier les effets de la Covid-19 sur le financement de proximité et le secteur informel (petits producteurs et des petites et moyennes entreprises, activités génératrices portées par les femmes, etc) ; tirer les enseignements des réponses sociales et des mesures prises par les Etats et les acteurs de la microfinance pour atténuer les difficultés de la crise » ce sont-là, les attentes des participants à cet atelier international  dont Dr Tognifodé Véronique,  Ministre  des Affaires sociales et de la Microfinance a brillamment modéré.

«En effet, la Covid-19 a frappé de plein fouet les économies africaines, les fragilisant en freinant les efforts des Gouvernements dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Nos Etats ont pris des mesures sur le plan sanitaire, économique et social pour y faire face » a-t-elle déclaré à l’ouverture.

Le représentant du Gouverneur de la BCEAO, Dem Ismaïla, va s’appuyer sur les actions de refinancement de la Banque centrale au niveau des banques de l’Union, des Système financiers décentralisés (SFD) et des institutions de microfinances…

« La BCEAO travaille à permettre la collaboration des institutions des microfinances, les systèmes de paiement régional. Il s’agit principalement d’apporter aux Banques et aux SFD concernés, l’accompagnement nécessaire pour le développement de leurs activités, l’amélioration de la qualité des services financiers offerts par ces institutions, et le développement de l’usage des moyens de paiement électronique à leur tour » a expliqué le conseiller spécial du Gouverneur de la BCEAO.

228 millions de dollars générés par l’annulation de la dette

Malgré ces dispositions économiques prises par la Banque centrale pour soulager les PME et les grandes entreprises de l’Union, la crise ne laisse aucun espoir pour le futur. Du 7 juillet 2020 à janvier 2021 le continent a encore enregistré plus 2.950.000 cas.

« Nous avons l’impression que le taux de contamination est en train d’accélérer avec cette nouvelle variante. Au niveau des Etats de la Cedeao, on a enregistré à peu près 257.888 cas pour 3377 décès. La région compte à peu près 4,8% cas confirmés et 8,7%  pour le continent » témoigne la Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe..

«Beaucoup de pays font ainsi la deuxième phase de la pandémie. Et après chaque confinement, c’est à peu près 29 milliards d’impacts économiques enregistrés. C’est assez important pour nuire à nos économies » alerte-t-elle.

Selon Mme Songwe, avant la crise de Covid-19, les pays africains avaient un peu de réserves à travers les Investissements directs étrangers (IDE) et la CEA avait anticipé la croissance  économique en début 2020, aujourd’hui les résultats escomptés sont à l’eau. «Nous entrons en 2021avec des ressources volatiles et une résilience que nous avons expérimenté en 2020.  Nous devons donc être un peu plus vigilants » avertit-elle.

100 milliards avaient été donnés à l’Afrique par le FMI pour faire face à cette crise. Les pays ayant des intérêts de prêts à rembourser pourraient bénéficier de l’annulation de leur dette. Seuls 19 pays ont bénéficié de cette annulation de dette. Peut-on encore bénéficier de cette annulation au cours de 2021» se préoccupe-t-elle

L’annulation de la dette a donné un espacement de l’assiette fiscale en 2020, soit à peu près 228 millions de dollars. En 2021, une éventuelle annulation de la dette pourrait permettre de mobiliser des ressources pour les premiers 20 % vaccins. «Nous sommes dans une course vers les vaccins. Nous demandons que le FMI augmente un peu l’allocation à la banque mondiale et à la Banque africaine de développement pour que les pays puissent avoir accès au prêt ».

Le Bénin toujours positif à 2,3 % de croissance

Les pays africains sont lourdement affectés par la pandémie de Covid-19 et continuent d’en faire les frais sur le plan économique et social. Pour l’ensemble, les pertes de croissance varient entre 3.5 et 4% et pour certains c’est la récession : c’est le cas du Nigeria.

Le Bénin a perdu en 2020 près de 5% de croissance. « Nous sommes toujours positifs à 2,3% qui est l’un des plus élevé du continent ; mais sans la Covid on serait beaucoup plus élevé » a déclaré le ministre d’Etat en charge du Plan et de Développement, Abdoulaye Bio Tchané.

Un impact social lourd sur les différentes catégories sociales, les couches plus vulnérables, les secteurs sociaux comme le commerce, le transport, le tourisme, l’hôtellerie, etc.

Saluant les mesures sociales prises par la Banque centrale, M. Bio Tchané note également que la baisse de croissance se traduit par la perte de l’emploi sur l’ensemble du continent et par ricochet une baisse de revenus avec un impact évident sur le secteur bancaire. A cet effet, il invite la Banque centrale à continuer ses actions de refinancement et à être plus flexible, car les besoins d’actualité.

La digitalisation intensive pour le futur

L’un des aspects positif s de cette pandémie est l’utilisation du numérique. La digitalisation qui crée de nouvelles dynamiques et opportunités et offre de nouvelles perspectives à tous. (PME, Entreprenariat des jeunes, Agriculture, Inclusion financière avec l’implication des microfinances et des finances de proximité) est en pleine évolution. Des exemples de l’innovation sur des produits traditionnels agricoles actuellement en étude au Bénin.

Les solutions pour un futur immédiat et à long terme se déclinent à travers l’existant sur le plan financier, l’accès à de meilleures ressources sur le marché international, l’accroissement de l’inclusion financière (une finance de proximité) et une nouvelle dynamique de croissance à partir les bonnes pratiques. Autant d’approches retenues pour permettre à l’Afrique de développer une résistance face à la crise économique, financière et sociale du fait de la Covid.

Outre les personnalités citées ci-dessus, le premier panel de ce webinaire placé sous le regard du Commissaire en charge du Département de l’Agriculture, des Ressources en Eau et de l’Environnement à l’Uemoa, Jonas Gbian, a regroupé des membres des institutions et des Gouvernements ci-après : PNUD pour l’Afrique ; BOAD ; BADEA ; Cameroun ; Sénégal et Togo.

Aline ASSANKPON


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