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Apurement des Arriérés de  salaire des travailleurs : Romuald Wadagni apporte des clarifications et rassure


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Ph: DR-: M. Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances.

Suite à la rencontre entre les représentants des travailleurs et le Chef de l’Etat, Patrice Talon, le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni a apporté samedi dernier, des clarifications sur l’apurement des arriérés de salaire et primes des travailleurs actifs et pensionnés. Sur les 93,8 milliards de dettes constatées, 53 milliards sont liquidées depuis le 6 avril 2016 à ce jour et il en reste 40,8 milliards qui seront progressivement apurées. Selon l’argentier national, cet effort d’apurement de dettes relève d’un miracle si on considère la période difficile que nous traversons. Néanmoins, le Gouvernement tient à respecter ses engagements vis-à-vis des travailleurs dans le dialogue et la transparence.

Le vendredi 16 octobre 2020, les représentants des centrales syndicales ont rencontré le chef de l’Etat, Patrice Talon, au menu des échanges, les efforts fournis par le Gouvernement pour payer les dettes de l’Etat vis-à-vis des travailleurs actifs et les pensionnés.

En 2017, lors de la visite à Cotonou de la DG/FMI, Mme Christine Lagarde, un rapport présentait l’ensemble des dettes de l’Etat vis-à-vis des différentes catégories de la population, notamment, les travailleurs. Au titre des rappels sur salaires, 93,8 milliards correspond au non-paiement de l’effet des glissements catégoriels du fait de la lourdeur administratives qui caractérisait la prise des actes de carrière. Selon le ministre des Finances, Romuald Wadagni, le glissement catégoriel résulte de deux choses : l’avancement mécanique ou les échelons que l’on acquiert tous les deux ans ou encore des reclassements et la progression des salaires liée aux promotions pour lesquelles, l’arbitrage ou l’intervention du supérieur hiérarchique est sollicité.

«Je rappelle qu’au titre des rappels sur salaires, jusqu’à notre arrivée, le fait qu’il fallait, pour les travailleurs, se déplacer à la Fonction publique, faire plusieurs formalités administratives pour que les augmentations de salaire soient actées, tous ces dispositifs administratifs lourds et longs justifient en partie ses dettes qui ont été accumulées depuis des dizaines d’années».

Face à cette situation de décrépitude qui n’arrangeait ni les travailleurs, ni l’Etat, le Chef de l’Etat, Patrice Talon a donné des instructions pour l’option d’un mécanisme ou d’un dispositif qui permettra de constater les échelons des travailleurs de façon mécanique et automatique dans les deux bases qui gèrent la carrière et la paie.

« Cette réforme est effective et est entrée progressivement en vigueur depuis 2017 et permet de faire le constat, automatiquement, de l’effet des avancements en dehors des cas spécifiques qui pourraient nécessiter par exemple, le recours à un décret d’application. Cela dit, depuis avril 2016, on a des anciens actes qui étaient en cours de traitement et qui sont venus en fin de processus (l’étape de prise en charge par le Trésor Public)».

Conséquence positive des réformes administratives.

Au-delà des 93,8 milliard de dettes constatées, auditées et revues au 6 avril 2016, il y a des droits acquis sur les périodes antérieures pour les travailleurs qui se sont finalisés après avril 2016 et qui ont généré des droits complémentaires à payer, soit 15,6 milliards. L’Etat étant une continuité, ces dettes doivent être apurées. Il fallait par tous les moyens trouver les ressources nécessaires pour mettre à zéro l’ensemble de ces dettes.

L’interconnexion des deux bases (carrières et paies) ont permis d’éviter considérablement des tracasseries administratives aux travailleurs pour avoir le constat de leurs avancements. Les économies dégagées de l’assainissement des bases de données, du fait de leur interconnexion mais également des mesures telles que la bancarisation systématique des salaires et des primes périodiques des agents civils et militaires permettent de couvrir majoritairement les glissements catégoriels courants. De même, plusieurs catégories d’avantages de droits acquis aux travailleurs ont été liquidées ; dans le secteur de la santé, la prime des travailleurs de santé qui s’élevaient à 6 milliards a été payée dont 3 milliards en 2017 et 3 milliards en 2018  et celle liée au risque (qui était là depuis plusieurs années) a été payée pour 1,4 milliards.

Tous les mois, une provision d’1 milliard est faite pour solder les anciennes dettes. Sur les quatre ans et demi de gouvernance, des efforts de financement sont ainsi fournis pour liquider 53 milliards sur les 93,8 milliards, il reste donc 40,8 milliards.

Fini pour les pensionnés les longs et difficiles processus

La même logique a été appliquée aux pensionnés. Pour preuve, la dernière réforme en date, prise en Conseil des ministres il y a quelques semaines, vise à ce que le pensionné qui va à la retraite n’aura pas de rupture de revenu. Il va à la retraite au premier octobre et au 30 octobre, il a sa première pension. Fini donc le long et difficile processus pour bénéficier de ses pensions. « Nous avons travaillé afin que cela soit une réalité dès le mois de Novembre 2020. On ne peut pas servir un Etat pendant trente ans, aller à la retraite et se mettre à faire les bureaux de toutes les administrations pour recevoir sa pension. C’est fort de ce principe que nous avons travaillé sur la réforme qui a été validée en Conseil des ministres » a justifié l’argentier national.

Le montant total dû aux pensionnés au 6 avril 2016 s’élevait à 48,9 milliards, 27 milliards sont soldés et il reste un reliquat d’environ 22 milliards. Ces montants accumulés étaient dus à deux choses. La première est le décret de 2011 qui a revalorisé la pension à 1,25 et les tracasseries administratives. Avec ce décret, quelqu’un qui avait 100.000 FCFA de pension bénéficierait dès l’application de ce décret désormais de 125.000 FCFA et l’application non exhaustive de ce décret.

L’avantage d’une gouvernance transparente

Au total, le montant dû aux travailleurs au 6 avril 2016, était 173 milliards dont un peu plus de 93 milliards au titre des rappels sur salaire. La réflexion du gouvernement est de savoir comment faire pour qu’en 5 ans, ces dettes soient vidées et de s’assurer que les dettes ne s’accumulent plus et que le travailleur ait moins de tracasserie pour profiter de ses droits.

En effet, les actions du Gouvernement sont inscrites dans une logique d’entretenir de très bonnes relations avec les travailleurs ; ceci sous deux principes simples explique le Ministre Wadagni : « le premier est qu’avant d’exiger des travailleurs des performances, il faut que l’Etat honore ses engagements dont le paiement des dettes. L’Etat est une continuité et nous faisons les efforts tous les mois pour liquider progressivement les dettes. Le second principe est qu’il n’est pas nécessaire de rentrer dans des bras de fer ou des discussions complexes pour aboutir à la satisfaction des revendications des travailleurs ».

Ces efforts d’apurement du Gouvernement sont en fait, la résultante des efforts faits par l’ensemble des citoyens à travers le paiement des impôts pour permettre de satisfaire les droits et les dettes que l’Etat a vis-à-vis des travailleurs. C’est également le fruit des mesures prises en matière de la déconcentration, de la dématérialisation et de la modernisation  des structures administratives dans tous les départements du pays.

«Si la conjoncture ne s’était pas accentuée en 2019 avec la fermeture des frontières avec le Nigeria et en 2020 avec la Covid-19, vu les efforts que nous faisons dans un contexte difficile, le gouvernement aurait tenu ce pari. Ce qui est en train d’être fait relève du quasi miracle qu’en période aussi difficile, le gouvernement tient à respecter ses engagements vis-à-vis des travailleurs dans la collaboration, dans le dialogue et avec une gouvernance transparent» a justifié Romuald Wadagni.

Entretenir un dialogue constructif avec les centrales syndicales relève d’une gouvernance transparente qui se veut exposer les ressources disponibles et dans quoi elles sont utilisées. Sur la même lancée, le ministre des Finances, informe que ses services sont déjà à pied d’œuvre sur les paies du mois d’octobre qui seront disponibles cette semaine. Et les rappels de salaire seront constatés sur les fiches de paie.

Aline ASSANKPON


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