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Classé dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire : Avantages et implications d’un saut qualitatif pour le Bénin


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Ph: DR: M. Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances, le maître d’ouvrage de ces performances économiques

Dans l’actualisation annuelle de sa classification des différents pays par groupe de revenus, la Banque mondiale a annoncé le 1er juillet 2020, le passage du Bénin au sein de la catégorie des économies à revenu intermédiaire inférieur. Le Bénin quitte ainsi pour la première fois de son histoire, la catégorie des pays à faible revenu et rejoint le groupe des pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, ou encore le Maroc. Quels sont les avantages et les implications pour le pays ?

Cette classification faite sur la base des données à fin 2019, permet à la Banque de regrouper les pays du monde en quatre catégories : les pays à faible revenu, les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et les pays à revenu élevé.

Le Bénin fait ainsi partie du groupe très restreint des sept-dix (0710) pays du monde ayant bénéficié cette année d’une amélioration de leur classification par la Banque Mondiale. « Il s’agit là d’un évènement majeur dans l’histoire économique du pays » déclare le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni.

Ce résultat élogieux fait suite à une augmentation du revenu national brut par habitant qui est passé de 870 $US à la dernière mise à jour à 1250 $US. «Cette décision de la Banque mondiale confirme les perspectives positives et la solidité des fondamentaux économiques du pays,(…) Au-delà de l’image du pays qui s’en trouve nettement améliorée à l’international, cette classification renforce la crédibilité du Bénin et rehausse sa capacité à attirer les investissements nécessaires à l’amélioration des conditions de vie de sa population » ajoute Romuald Wadagni.

Dans la même dynamique, le rapport Happiness Report 2020, intègre « le Bénin dans le classement mondial des pays où l’on est heureux ». Selon ce rapport deux facteurs déterminent la classification des pays : le premier est basé sur le Revenu national brut (RNB) par habitant, qui évolue en fonction de la croissance du revenu du pays concerné, de l’inflation, des taux de change et de la démographie, sachant en outre qu’il peut aussi changer à la suite des révisions apportées aux données et aux méthodes de comptabilité nationale et le second sur les seuils de revenu, qui sont ajustés chaque année en fonction de l’inflation à l’aide du déflateur du droit de tirage spécial (DTS).

« Jusqu’à l’année dernière (exercice 2019), cette classification était réalisée uniquement à des fins analytiques et ne servait pas à déterminer les conditions de prêt de la Banque mondiale. Mais désormais, le seuil catégorisant les économies à revenu élevé fait partie des critères utilisés pour les taux d’emprunt (a). Des majorations sont ainsi appliquées aux taux consentis aux pays classés dans la catégorie des économies à revenu élevé pendant deux années consécutives » publie le rapport  de la Banque.

En effet, le classement évalue le niveau de bonheur dans 153 pays et 186 villes. Le classement se base sur les réponses d’environ 1 000 personnes par État, qui se positionnent sur une échelle de 0 à 10, tout en répondant à des questions sur leurs émotions, leur santé, le futur… « L’étude s’étend de 2017 à 2019 contre 2008-2012 pour le précédent classement. Elle prend en compte 153 pays du monde et s’appuie sur plusieurs critères comme l’espérance de vie, les prestations sociales, les institutions politiques, la liberté, l’éducation, le PIB/habitant, le niveau de cohésion sociale, la générosité et la perception de la corruption » explique le ministre de l’Economie.

«Au niveau national, la plupart des pays ont montré des changements importants de 2008-2012 à 2017-2019, avec un peu plus de gagnants que de perdants. Le plus grand gagnant a été le Bénin, en hausse de 1,64 points pour passer du bas du classement à son milieu» souligne un extrait du rapport.

Le Bénin est le troisième pays en Afrique (juste derrière l’Ile Maurice et la Côte d’Ivoire) où l’on est le plus heureux. La ville de Cotonou réalise la 5ème meilleure progression au plan mondial sur les 10 dernières années en termes de mesure de changement positif dans l’évaluation du bien-être souligne le rapport.

Selon le communiqué du Ministre des Finances, «les performances économiques enregistrées par le Bénin au titre de l’année 2019 et qui lui ont valu cette nouvelle position sont le résultat de l’ensemble des réformes mises en œuvre par le Gouvernement depuis 2016 ainsi que l’amélioration du système de comptabilité, notamment le rebasage des comptes nationaux finalisé en 2019, qui a permis d’affiner l’estimation de la richesse nationale ». 

Les avantages et les implications pour le Bénin 

Ce passage du Bénin dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, permettra au pays de bénéficier des majorations qui seront appliquées aux taux d’emprunts consentis. L’un des avantages de cette nouvelle position c’est l’accroissement du flux d’investissement puisque le Bénin se révèle au monde par ses performances économiques. La hausse du revenu par habitant exprime une amélioration du revenu et du pouvoir d’achat du Béninois moyen. D’où une augmentation de la consommation et de l’épargne. Ce qui pourrait aussi entraîner une accélération de l’économie nationale.

Désormais, le Bénin est un modèle pour d’autres pays, une économie suffisamment solide, qui dispose des fondamentaux capables de faire face à la crise de Covid-19. Le Bénin dépasse ainsi un groupe de pays considéré jusque-là, comme des modèles. Au regard de ces performances prometteuses, le ministre des Finances estime que « toutes ces résultats n’auraient été possibles sans le travail acharné, individuel, collectif et synchronisé avec discipline de chaque béninois ». Ces performances ouvrent désormais le champ à l’accélération du développement du Bénin. Et lorsqu’on commence par être ciblé, et qu’on a tous les regards rivés sur soi, on n’a plus le droit de reculer.

Aline ASSANKPON


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