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Mesures spécifiques et complémentaires des effets socioéconomiques de COVID-19 Banques et SFD: 110 milliards de Fcfa pour booster le secteur agricole


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Ph: DR-: (de gauche à droite et au pupitre) Le ministre des finances, Romuald Wanadni, le ministre d’Etat en charge du Plan, Abdoulaye Bio Tchané, le ministre des Affaires sociales, Véronique Tognifodé, le ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui et le ministre des PME, Modeste Kérékou.

Une conférence de presse conduite par le ministre d’Etat en charge du Plan, Abdoulaye Bio Tchané, assisté par quatre autres ministres du Gouvernement a permis d’apporter des clarifications aux représentants de de l’Association des professionnels des Banquet Institutions financières (APBEF) et des Systèmes financiers décentralisés (SFD), sur les mesures complémentaires et additionnelles annoncées par le Gouvernement au dernier conseil des ministres. Au total, 110 milliards de Fcfa  seront mis à disposition des institutions financières pour accorder de crédits aux exploitants agricoles à un taux bonifié afin d’atténuer les effets socioéconomiques de la crise de Covid-19. C’était, le jeudi 30 juillet 2020 au ministère des Affaires étrangères.

En effet, après les premières mesures d’atténuation évalué à 74,12 milliards de Fcfa, destinés à certaines catégories de sociétés, d’entreprises et d’artisans du formel et de l’informel, le Gouvernement revient encore avec un complément additionnel de 10 milliards de Fcfa à cet appui et 100 milliards de Fcfa au titre de mesures complémentaires spécifiques au secteur agricole.

Un ambitieux plan de soutien, conçu en plusieurs volets pour le secteur agricole. Des mesures fortes qui sont ainsi prises pour faciliter l’accès au crédit à tous les exploitants agricoles explique le ministre des Finances, Romuald Wadagni : «Le secteur agricole représente plus du quart de la richesse produite dans notre pays. L’essentiel des forces vives que nous avons au Bénin sont dans ce secteur. Ce secteur est le premier contributeur  à la richesse produite, quand on regarde comment ce secteur est financé, on voit qu’il y a quelque chose qui ne va pas ».

Selon l’argentier national, au niveau du financement bancaire, 2,9% des crédits bancaires vont au secteur agricole, soit moins de 3% des crédits donnés par les banques à ce secteur. Au niveau des Systèmes financiers décentralisés (SFD) à peu près 17% des crédits vont dans le secteur agricole. L’essentiel des besoins de financement  que ce soit pour des besoins court terme ou d’investissement à moyen long terme, sont quasiment non financés.

Lorsqu’on sait que le secteur agricole est le poumon de l’économie nationale, celui-là qui contribue le plus à la production de la richesse, on doit se convaincre de ce que secteur a besoin  de financement  et du soutien de l’Etat. Pour le ministre des Finances, il faut réfléchir, comprendre les raisons pour lesquelles ce secteur n’est souvent pas financé et prendre des mesures nécessaires pour corriger cet écart.

Un paquet de trois mesures sont alors proposées  après analyses : La première consiste à dédier 50 milliards de Fcfa pour financer directement le secteur agricole à un taux de 2 % ; puisqu’il s’est avéré que les banques  n’ont pas d’appétit pour le secteur et montrent souvent une frilosité à le financer ; la deuxième, consiste à apporter de la garantie de 50 % pour que les prêteurs  se sentent rassurés, soit 35 milliards de Fcfa pour servir de collatéral à la signature de l’engagement pour  garantir le crédit et enfin, la troisième mesure est la bonification du taux d’intérêt. Ce mécanisme de bonification va permettre à quelqu’un qui va solliciter un crédit de disposer de l’argent disponible ; donc les banquiers pourront utiliser la ligne 50 milliards pour accorder du crédit aux demandeurs.

«Ce qui veut dire que pour un prêt de 100, l’Etat apporte une garantie de 50 %. L’Etat a mis l’argent qui sert à être reprêté aux prêteurs à la banque à un taux de rémunération plafonné à 12%. Avec ce mécanisme, les dossiers bancables pourront bénéficier de la garantie et les prêteurs  (banques) auront de l’appétit et enfin grâce au mécanisme de bonification, l’exploitant qui va au crédit pourra repartir avec un crédit qui lui coûtera maximum 2%. Donc de l’argent disponible pas cher » démontre Romuald Wadagni. 

D’un coût total de 100 milliards de Fcfa, ces mesures permettront non seulement d’accélérer l’accès au crédit des exploitants agricoles mais également vont contribuer à la croissance de la production agricole. Nul doute que le secteur agricole contribue énormément à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

«C’est pourquoi il faut l’aborder avec beaucoup de méthodes : Cibler les filières porteuses sur lesquelles un accent particulier doit être mis ; Diversifier les filières d’exploitations et quitter la politique unijambiste d’exploitation du coton et promouvoir les filières qui concourent à réduire les importations alimentaires » souligne Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture.

« Pour y arriver, il faut accompagner les acteurs. Nous invitons les acteurs de la production à se montrer plus ingénieux pour rentrer dans les filières phares et porteuses afin de porter à échelle un niveau de production » ajoute-t-il en précisant que ces mesures ne sont pas seulement conjoncturelles mais structurelles et peuvent être rééditées pour booster le secteur agricole.

A ces mesures spécifiques orientées vers le secteur agricole, s’ajoutent celles additionnelles destinées au refinancement du Système financier décentralisé (SFD) en complément aux premières mesures annoncées le 10 juin dernier. Dix (10) milliards de Fcfa sont dégagés à cet effet, pour aider les exploitants agricoles qui traditionnellement, sollicitent des crédits auprès des SFD selon le même format de bonification, le crédit ne sera pas cher. Ainsi, tour à tour, les ministres des Pme et des affaires sociales respectivement Modeste Kérékou et Véronique Tognifodé ont expliqué les tenants et aboutissants de ces mesures complémentaires qui implique les SFD à la gestion de ces fonds.

« Pour avoir de l’argent moins cher, il déjà avoir déjà l’argent disponible d’où l’idée de renforcer l’accès au financement des SFD en mettant 10 milliards sur la table. Donc le Fonds national de Microfinance,  a obtenu donc l’accord du Gouvernement de disposer de ce fonds qui sera disposer dans le réseau des SFD qui vont disposer de financement à 2 % destinés à tous leurs clients. Ainsi, les SFD auront le financement à 2% pour qu’en contrepartie, le taux de crédit soit de 12 % maximum puisqu’ils financent en moyenne à 20% » explique le ministre des Finances.

Pour le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, ce package de mesures n’est pas le fait d’un hasard, c’est une réponse efficace pour atténuer durablement les effets socioéconomiques de la pandémie de Covid-19 et par la même voie relancer l’économie nationale. « Nous avons pris les mesures pour relancer l’économie nationale et faire en sorte que les acteurs principaux de notre économie qui était en croissance forte depuis ces quatre dernières années, reprennent le chemin de la croissance. Ces trois paquets de mesures ont sollicité des ressources importantes du Gouvernement » a-t-il indiqué.

Ils étaient cinq ministres du Gouvernement – le ministre d’Etat en charge du Plan, Abdoulaye Bio Tchané, le ministre des Finances, Romuald Wadagni, le ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui, le ministre des PME, Modeste Kérékou et le ministre des Affaires sociales, Véronique Tognifodé – réunis pour  apporter des clarifications aux représentants des banques et des Systèmes financiers décentralisés, sur le bienfondé des dernières mesures spécifiques et complémentaires prises par le Gouvernement en direction du secteur agricole pour atténuer les effets de Covid-19.

Aline ASSANKPON

 


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