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La problématique du développement du secteur privé / cas des PME et PMI : « La jeunesse africaine, une force de travail plus importante que celle de la Chine ou de l’Inde à l’horizon 2035 » dixit M. Antonin Dossou


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Ph: DR-: Ancien ministre béninois en charge de l’Evaluation des politiques publiques M. Antonin Dossou, auteur du livre, « PARTAGES… », est actuellement, Conseiller au Directeur général de la Banque centrale sur la stabilité de l’inclusion financière à Dakar (Sénégal).

Auteur du livre « PARTAGES : le défi de la gouvernance publique en Afrique subsaharienne », M. Antonin Dossou a été l’invité du Forum régional des PME, Startups et Communauté. L’ancien ministre béninois en charge de l’Evaluation des politiques publiques, actuellement en fonction à la BCEAO à Dakar a tenu en haleine les membres du forum sur le thème très évocateur : « La problématique du développement du secteur privé : cas de la PME et PMI ». C’était le dimanche 1er septembre 2019. Selon l’expert-économiste, le développement de l’Afrique doit être impulsé à la fois par un leadership efficace et une jeunesse entreprenante permettant de se réarmer pour faire face aux défis du futur.

Comme l’indique le titre de son ouvrage, M. Antonin Dossou a saisi l’occasion d’un échange sur cette plateforme des PME, Startups et Communauté, pour partager ses expériences en matière de développement, d’économie et de macro-économie au Bénin et dans la région ouest-africaine.

Du son point de vue, la problématique du développement de l’Afrique est en fait la problématique du retard de développement de l’Afrique. Un retard qui s’observe au niveau de trois axes : l’accès limité aux services de base ; la faiblesse de la production et des revenus et la faiblesse du développement humain.

Relativement faible, l’accès au service de base s’identifie sans détour à l’accès à l’eau potable et à l’électricité. «Sur la base de données de la Banque mondiale relatives à l’année 2015, en Afrique subsaharienne, 24,2% de la population avait accès à l’eau potable alors qu’en Amérique du Nord, cette proportion est de 99 % ; en Afrique du Nord et au Moyen Orient, 76,6 % ; en Europe et en Asie centrale, 91% à peu près ; en Amérique latine et Caraïbes 65,4% ».

Au regard de ces chiffres, le statisticien note l’écart de retard de développement de l’Afrique par rapport aux autres régions du monde. «24% seulement de la population contre 91 % en Europe et en Asie. Cette situation est légèrement meilleure en termes d’accès à l’électricité  en Afrique subsaharienne. Le pourcentage de la population ayant accès à l’électricité se situe à 37 % contre 80 % en Asie du Sud-Est ; 100 % en Amérique du Nord ; 97 % en Afrique du Nord ; 100% en Europe et 97 % en Asie de l’Est ».

La jeunesse africaine, un potentiel de développement

Et pourtant analysera-t-il, l’Afrique subsaharienne affiche un potentiel de développement extraordinaire  à partir de trois éléments : le niveau de la croissance économique 4,4% en Afrique contre 3,3% dans le monde (2009-2016) ; la structure de la population et les richesses dont dispose l’Afrique. Selon l’analyse de la CEA, les perspectives de croissance pour les décennies à venir sont prometteuses si et seulement si les potentialités qu’offre le continent soient mobilisées pour lui permettre de franchir le palier supérieur nécessaire à son développement

En termes de potentialité, c’est la population africaine, la plus jeune du monde, en âge de travailler entre 15 et 64 ans qui constitue l’espoir du continent. «Les perspectives indiquent que l’Afrique aura une force de travail plus importante que celle de la Chine ou de l’Inde à l’horizon 2035. Une force de travail qu’il faudra utiliser pour dynamiser le développement ».

Dossou imputera par ailleurs, le retard de développement de l’Afrique aux contraintes structurelles majeures regroupées en quatre catégories : Primo, la faible qualité du leadership et de la gouvernance. «Des questions holistiques de gouvernance, de pilotage de l’économie à prendre en charge pour une exploitation efficiente du potentiel existant».

Secundo, la configuration adéquate de l’appareil de production pour une prise en charge de la du secteur industriel qui doit porter de façon dynamique la création de richesse. «Le secteur tertiaire fait les 50 % du PIB et libère 30 à 35 % tandis que le secteur industriel ne fait que 15% du PIB. Avec cette configuration-là, nous ne pourrions pas véritablement décoller » se désole M. Dossou.

Tercio, la qualité insuffisante du système éducatif. «Notre système éducatif ne forme pas dès la base des Entreprenants dans la mentalité ».Un système éducatif à revoir.

La quatrième contrainte structurelle est d’ordre sociologique, il s’agit-là des attitudes défavorables au développement des Etats. «Le non-respect du bien public, la tolérance excessive dans l’application des textes légaux et réglementaires ; l’absence de confiance ; la compétition négative : l’ethno-régionalisme et la non assiduité».

Dès lors que le verrou de ces différentes contraintes structurelles sera sauté, l’entrepreneuriat sera le lien plus sûr de développement, en mesure de créer des emplois et des revenus pour booster la prospérité économique de nos Etats. « Les PME et PMI (Petites et moyennes industries) permettent d’établir la passerelle entre le secteur informel et les unités de production plus importantes. Il faut dynamiser l’appareil productif, créer l’emploi compte tenu de leur poids important dans le tissu économique ».

Ph: DR ; La problématique du développement de l’Afrique est en fait la problématique du retard de développement de l’Afrique

Cependant, la problématique du Financement des PME demeure

Le constat aujourd’hui, c’est que ces petites unités de production font face à des contraintes majeures de financement et de l’environnement juridique. Le problème fondamental des politiques de l’emploi des jeunes, trouvera solution à travers la création du processus de production soutenue par l’Etat pour réduire l’informalité.

«Dans un pays comme le Bénin, le taux d’informalité s’établi jusqu’à 90 % par rapport à la population active occupée et à 66 %, à deux tiers pour la création de richesse ». Cette situation  affaiblit le tissu industriel qui en général doit soutenir la création de richesse et la transformation de l’économie. Les solutions apportées aux jeunes la plupart du temps, sont exploitées en situation de rente remarque l’Economiste. «Des enquêtes auprès des jeunes ont montré qu’ils préfèrent être employés plutôt que de créer leurs entreprises en général ».

A cet effet, le macro-économiste, présente les différents types de possibilité de financement formel mis en place par la banque centrale, un dispositif de soutien aux PME, PMI. Le financement bancaire (relativement faible aussi bien du côté de l’offre et de la demande) et le financement non bancaire (le marché boursier – aussi faible parce que les canaux de mobilisation ne sont pas encore bien huilés) et les financements innovants, alternatifs et participatifs qui peuvent être mobilisés dès qu’un environnement sans risque sera créé. «Ce dispositif de financement innovant poursuit en effet deux objectifs : créer un écosystème favorable aux PME et augmenter leur contribution à la création de la richesse et à la lutte contre le chômage».

L’Economiste rassurera enfin les startups de ce que la banque centrale apporte un soutien non moins négligeable aux structures d’appuis aux entreprises, aux centres de gestions agréés de l’espace Uemoa pour  aider les PME à soumettre des projets mieux pensés et moins risqués. « La banque centrale s’est engagée à refinancer à 100%  les créances bancaires sur les PME. Nous allons voir quel va être le bilan de ce dispositif, si réellement cette action de la banque centrale aura réussi à booster le financement bancaire des PME » espère bien M. Antonin Dossou.

La problématique du développement du secteur privé s’inscrit donc dans la problématique générale du développement de l’Afrique. Les pouvoirs publics ont la responsabilité de créer des conditions requises pour que la jeunesse, le potentiel de nos pays, soit exploité de façon optimale. Si les choses sont bien mises en musique et que l’Etat joue sa partition, le secteur privé (secteur des entreprises) qui est un formidable levier de développement pourra prendre en charge le processus de production  dans laquelle la transformation de l’économie se fait.

Aline ASSANKPON

 


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