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Interview / Les impressions du Docteur Ligan Dossou Charles en trois réponses…« Aujourd’hui, je suis content, heureux de porter fièrement ce grade »


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L-Integration.com: Docteur Charles Ligan, vous venez ainsi de porter votre toge, quel est le sentiment qui vous anime en ce moment ?

« Aujourd’hui, je suis content, heureux de porter fièrement ce grade »

« Aujourd’hui, je suis content, heureux de porter fièrement ce grade »

Ligan Dossou Charles : C’est des sentiments de fierté parce que ça fait déjà cinq ans que je me suis engagé dans la recherche pour la rédaction et la soutenance de la thèse de mémoire. Normalement, c’est en trois ans qu’on le fait, j’ai eu quelques soucis par moment, mais en bon croyant, je sais que l’heure de Dieu est la meilleure. Donc aujourd’hui, je suis content, heureux de porter fièrement ce grade. J’ai souffert, c’est le fruit de plusieurs années de sacrifices et de privation. Aujourd’hui je peux dormir tranquille.

Faites-nous ici,  un bref résumé de votre travail.

J’ai tenté un travail sur les questions de terminologies en Gun dans les médias audiovisuels au Bénin. Il s’agit d’une thèse de Doctorat unique que je viens de présenter. Nous sommes partis des constats qu’au Bénin, dans les radios et sur les chaînes de télévision, l’usage des terminologies n’est pas toujours approprié. Les terminologies ne sont pas utilisées à bon escients et donc nous en tant que linguiste de formation et en tant que praticiens du domaine de journalisme, nous étions doublement interpellés. Et cette interpellation nous a amené à entreprendre la recherche pour interroger les déterminants linguistiques qui justifient l’usage controversé parfois abusif des terminologies dans les médias, surtout en langue nationale.

Dites-vous que le travail du journalisme en langue nationale est un travail à plusieurs niveaux : Non seulement, il doit comprendre l’information en français courant et familier avant de le restituer dans la langue nationale. C’est un travail qui est très délicat et mérite une formation appropriée. Il faut vraiment qu’on ait des outils appropriés pour le faire. La plupart de ceux qui exercent dans ce secteur aujourd’hui au Bénin n’a pas la formation qu’il faut et cela fait qu’il y a de discordance dans l’utilisation des terminologies lorsqu’on écoute les radios.

A cet effet, nous nous sommes interrogés sur comment harmoniser l’usage des terminologies sur l’audiovisuel au Bénin ? C’est ce travail que nous avons fait et nous sommes arrivés à comprendre, à justifier les pratiques terminologiques que nous observons.  Il y a beaucoup de procédés que les journalistes et les animateurs en langues nationales  utilisent pour pouvoir rendre les terminologies délicates des langues sources vers les langues cibles c’est-à-dire du français ou de l’anglais vers les langues nationales. Mais ce n’est toujours pas de leurs fautes si cela se fait comme ça. Ils devraient bénéficier d’un accompagnement pédagogique, psychologique et matériel.

Ce sont les éléments que nous avons relevé dans le travail et nous avons dit qu’il faut absolument que notre institution qui a statut d’académie des langues c’est-à-dire INALA qui est SENALA au départ, puisse véritablement être érigée en une académie des langues avec les différents départements spécialisés qui devraient s’occuper de la recherche, de la publication et de la vulgarisation.

Donc, si ce travail n’est pas fait, aujourd’hui que les langues sont en train d’être introduites dans le système éducatif formel, il va y avoir quelques soucis pour les apprenants parce que la désignation  des choses et des réalités dans nos langues peut poser problème.

Alors face à ce constat, que préconisez-vous ?

Vous avez entendu que, au-delà de la mention que j’ai obtenue, la thèse sera publiée. C’est dire que d’abord, j’ai eu la plus haute mention à l’issue d’une soutenance de thèse. Si la thèse est publiée, cela veut dire que tous les utilisateurs des langues dans les médias pourront disposer des contenus de ce document et s’en servir à bon escient pour améliorer leurs prestations. Cela pourra permettre à nous aussi en termes de bénéfice de produire des lexiques spécialisés très prochainement au profit des journalistes speakers pour les accompagner dans leur travail pour que l’utilisation des terminologies ne soit plus abusive. (Propos recueillis : A.A.)


Un commentaire

  1. Chère Aline, merci pour ce travail bien soigné; cela ne devrait pas m’étonner de toute façon, confraternité oblige.

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