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Consulting : Julien Achille Agbe explique l’intérêt pour les start-ups du compartiment PME de la BRVM


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Directeur général d’EIC Corporation, une entreprise spécialisée dans le coaching à l’investissement au sein de l’UEMOA, Julien Achille Agbe a accepté de livrer à l’Agence Ecofin, son regard sur les évolutions qui caractérisent aujourd’hui la BRVM et les opportunités qu’on peut en tirer, sous le prisme des activités de son organisation.

Ph: DR - Julien Achille Agbe, Directeur général d’EIC Corporation, une entreprise spécialisée dans le coaching à l’investissement au sein de l’UEMOA

Ph: DR – Julien Achille Agbe, Directeur général d’EIC Corporation, une entreprise spécialisée dans le coaching à l’investissement au sein de l’UEMOA

Agence Ecofin : le 27 mars 2014  EIC-Corporation a organisé une rencontre au cours de laquelle il était question de discuter des opportunités de la Bourse pour les start-ups. Est-ce que vous avez l’impression que le message que vous souhaitiez faire passer a été compris des participants ?

Julien Achille Agbe : Avec l’annonce de l’ouverture prochaine d’un troisième compartiment dédié aux PME et PMI ainsi qu’aux entreprises à fort potentiel de croissance sur le marché de la BRVM, il était important d’expliciter l’opportunité novatrice de financement que ce projet intègre. Les start-ups présentes ont clairement compris et cernés les enjeux de cette  introduction en bourse, mais de fortes inquiétudes subsistent quant à leur sélection réelle, vu qu’elles doivent impérativement justifier d’un fort potentiel de croissance mesurable, seul gage de crédit et de confiance à l’égard des investisseurs, privés comme institutionnels, somme toute, prudents.

Agence Ecofin : Quel sont ces défis autour de l’introduction en bourse d’une start-up, lorsqu’on sait que ce type d’initiative prend de plus en plus d’ampleur en Afrique de l’ouest, notamment au Sénégal?

Julien Achille Agbe : Personne ne veut investir dans une entreprise à perte de vision, avec un modèle économique hybride, peu attractif et un plan de développement à la limite lacunaire. Je crois que le gros défi de l’introduction des start-ups en bourse reste la justification d’un potentiel de marché réel et viable en pôle croissance à l’aune de la compétitivité dynamique du marché. Elles doivent sans cesse travailler par ailleurs à un management rigoureux et résolument orienté résultats. Ce qui aura pour conséquence de rasséréner et de rehausser leur image d’entreprise forte auprès des investisseurs, pour la plupart regardants sur le management interne de l’entreprise avant toute décision d’investissement.

Agence Ecofin : Parmi vos objectifs pour l’année  2014, figurent celui de former 2500 investisseurs autonomes à travers un programme d’éducation financière. Ce programme est-il en adéquation avec les évolutions perceptibles  sur la BRVM ? Quels sont les défis liés à cette initiative ?

Julien Achille Agbe : En tant qu’organisation favorisant l’émergence d’investisseurs accomplis et autonomes à travers les clubs d’investissement, notre programme d’éducation financière, dans son aspect épargne-investissement, telle qu’exécuté est en parfaite adéquation avec la réalité et les exigences de notre marché, la BRVM. Nous souhaitons pour l’atteinte de nos objectifs un appui didactique (documentation) et matériel (outils informatiques) pour l’équipement de l’ensemble de nos clubs d’investissement régionaux, pour ainsi permettre une sensibilisation optimale, à grande échelle des ménages à l’éducation financière. Ce sont  là les défis majeurs de notre initiative.

Agence Ecofin : UEMOA Titres qui coordonne les émissions d’obligations par l’ensemble des pays francophone d’Afrique de l’Ouest a annoncé en début d’année un volume global d’emprunts de près de 3000 milliards de FCFA. Est-ce que votre organisation prend une part active dans les processus qui en découlent?

Julien Achille Agbe : Nous accordons  à travers la politique générale d’investissements, adoptée par l’ensemble de nos clubs d’investissement, une place de second rang au marché obligataire. Environs 15% des ressources mobilisées sont affectés aux émissions obligataires contre 85% au marché des actions. En tant que petits porteurs, et spéculateurs actifs nous sommes plutôt enclins au marché des actions pour la dynamique ambiante qu’il crée et les opportunités de richesses constantes et continues qu’il favorise.

Agence Ecofin : Pour revenir à votre organisation, vous indiquez que ceux qui vous rejoignent vivent une expérience pratique de l’investissement dans le cadre des clubs d’investissement, avec une place de choix accordée aux ressortissants de la diaspora. Comment est-ce qu’au quotidien vous travaillez à rendre concret ces différents engagements qui sont les vôtres ?

Julien Achille Agbe : C’est une excellente question. Alors ceux qui nous rejoignent, qu’ils soient de la diaspora ou vivant en Côte d’Ivoire dans nos clubs dédiés ou affiliés, doivent impérativement faire une formation initiatique à la bourse pour comprendre le principe de notre fonctionnement, mais aussi les mécanismes et pratiques boursiers. Cela dit, ils prennent une part active au processus de décision à travers notre convention annuelle et nos rencontres mensuelles. Pour une croissance absolue et inclusive de notre fonds L’engagement dynamique de nos clubistes est requis dans la veille économique. Ils bénéficient pour ce faire d’une plateforme personnalisée d’analyse et de veille économique pour poster des informations et suivre le marché. C’est ainsi une gestion à la fois télématique et démocratique.

Agence Ecofin : Parlant de votre relation à la BRVM, celle-ci poursuit son expansion géographique avec l’inauguration récente d’une salle de marché au Sénégal. Pour vous une extension de la Bourse constitue-t-elle une opportunité d’accroitre votre portefeuille d’intervention ?

Julien Achille Agbe : Nous encourageons et soutenons activement toutes les initiatives de développement de la BRVM. L’extension de la bourse au Sénégal, par l’ouverture d’une salle de marché est un geste fort appréciable, beaucoup plus sur son volet éducatif pour l’accélération de la compréhension des mécanismes boursiers qu’il permettra. Pour les clubs d’investissement existant au Sénégal, y compris le nôtre actuellement en phase de constitution dans ce pays, cela constitue une réelle opportunité d’apprentissage, attendu que les clubs d’investissement sont par essence investis d’une mission générale d’éducation et de formation.

Agence Ecofin : Un peu avant fin janvier 2014, la Bourse d’Abidjan a atteint et franchi le cap de 6000 milliards de FCFA avant de se replier. On annonce de nouvelles introductions à la faveur des privatisations ou d’actions unilatérales comme celle récemment annoncée par Total Sénégal, si vous deviez donner un message aux investisseurs eu égard de ce contexte, que leur diriez-vous ?

Julien Achille Agbe : Les efforts de positionnement de notre marché financier, la BRVM, sont assez significatifs ces deux dernières années, le cap franchi de 6000 milliards de capitalisation un signe fort de son retour sur le marché africain, avec le sixième rang qu’il occupe désormais. Au vu de la performance record de certains titres côtés, à l’instar de Uniwax qui affichait en début d’année 550% de performance et l’introduction en cours de plusieurs entreprises annoncées, je souhaiterais inviter la grande communauté des investisseurs à sérieusement s’intéresser à  la BRVM, un marché financier émergent, absolument attractif.

Propos recueillis par Idriss Linge (Agence Ecofin)


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